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'Grains of sand weak and blood stained' || Paine

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Date d'inscription : 24/06/2017
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Sam 24 Juin - 11:32

  • nom Sonata
  • prénom Paine
  • âge 53 ans
  • gender m
  • race Humain
  • groupe Nouzar
  • occupation Leader du clan Sonata

Je ne suis qu'un idiot, j'apprends de mes erreurs

Je vois beaucoup de choses quand je regarde mon reflet dans le miroir et il n’y a pas que le physique que je vois. Parfois, en jetant un œil (celui qui me reste… Nul ? Très bien, j’aurais essayé), je détourne presque immédiatement la tête et je passe mon chemin. Les débuts étaient comme ça. Je n’arrivais tout simplement pas à me regarder, et c’était mieux ainsi. Je faisais celui qui ne voyait pas les choses, je faisais celui qui ne voyait rien, tout simplement. Petit à petit, à mesure que les jours, les semaines, les mois, les années passaient depuis mes derniers raids, je tournais un œil timide vers ce miroir. Il fallait que je crève l’abcès avec moi-même, que je me regarde en face, car c’est uniquement comme ça que je pourrais apprendre de mes erreurs, que je pourrais tout simplement faire la paix avec moi-même, pour avoir un peu de tranquillité d’esprit. Cela n’effacerait en rien à ce que j’ai fait, mais ça m’aiderait à me sentir mieux.

Je n’ai pas toujours été l’homme que je suis aujourd’hui. Ce que j’étais avant, j’ai toujours peur que cela revienne d’une manière ou d’une autre. Après tout, tu connais l’expression ? Chassez le naturel, il revient au galop. C’est quelque chose qui me hante depuis des années, depuis que je me suis repenti définitivement. Depuis ma « mort » en fait, si l’on veut être vraiment précis. Cela dit, j’ai un peu honte de parler de tout ça. J’ai le poids de tous ces morts sur la conscience et j’ai même parfois l’impression de les entendre dans mon sommeil. Je dors très peu, parce qu’ils continuent de me hanter. Je sais que c’est dans ma tête, mais je n’arrive pas à m’y faire à l’idée, un peu comme si je ne voulais pas ne pas oublier. Je n’oublierai jamais, à moins de perdre la mémoire… Et encore, même en perdant la mémoire, mes souvenirs, mes crimes, le sang sur mes mains, je garderai au fond de moi un malaise constant sans savoir d’où il vient. Quand je ferme les yeux, je me revois en train de tuer, piller, voler, semer le chaos et la destruction derrière moi alors que je ne suis qu’un simple humain, qui arrive à faire trembler des créatures bien différentes, du moins à Nouzar. Je ne suis plus fier de cette réputation, et pourtant je ne m’en défait pas. Pour beaucoup, mon nom est associé à mon surnom. Paine Sonata, la Goule de Nouzar.

J’ai changé du début de ma vie jusqu’à la fin. De simple aventurier curieux de découvrir le monde, je me suis surtout découvert, et ce que j’ai vu était tout bonnement infâme. On m’a enlevé, et c’est à partir de ce moment-là que tout a basculé. Avec tout ce qu’il s’est passé, on peut croire que je suis loin d’être saint, que je suis même dérangé, que je ne suis pas digne de confiance. Pourtant, j’ai appris de mes erreurs, et même si cela a pris des années, je me suis repentis et me suis assagi. Combien de personnes ayant fait ce que j’ai fait peuvent prétendre s’être débarrassé de cette vie ? Combien ont eu le courage de se relever, faire face à toutes les erreurs qu’ils ont pu faire, pour s’en sortir grandi ? Aucun. De ce que je peux voir, connaître, je n’en connais aucun. Alors je suis fier d’être devenu l’homme que je suis aujourd’hui. Je suis fier d’avoir fait tout ce que j’ai fait pour me racheter, et pour rien au monde je regrette cette décision. Tous ces gamins abandonnés, voués à la souffrance, je les prends sous mon aile, je leur apprends à se défendre pour que jamais ils ne subissent ce qu’ils ont subit. J’ai tué beaucoup trop de gens, et sauver ces gamins me permet de me repentir. Cela ne réparera jamais les pots cassés, cela ne fera jamais de moi quelqu’un de bien, mais je fais de mon mieux pour offrir à tous ces gamins une vie meilleure.

Pour eux, je suis la figure paternelle que je n’ai jamais été. Pour eux, je suis leur sauveur, celui qui les a arraché à leur ancienne vie pour leur offrir quelque chose de bien meilleur. Pour eux, je ne suis pas la Goule de Nouzar. Pour eux je suis simplement Paine, celui qui prend soin d’eux. Je veux le meilleur pour eux, je ne veux pas qu’ils souffrent à cause de personnes qui pourraient me ressembler, des connards qui s’amusent à torturer les autres pour leur bon plaisir. Je ne souhaite pas qu’ils deviennent à leur tour des hommes et des femmes qui pourraient me ressembler, celui que je suis au fond de moi et que je tente de cacher, de dissimuler derrière cette façade paternelle.

Un soupir.

Quand je me regarde dans le miroir, je vois cet homme calme, stratégique, qui calcule tout à l’avance pour que le raid soit tout simplement parfait, sans aucune faille, pour que tout le monde puisse s’en tirer sans se faire prendre, sans se faire blesser, sans se faire tuer, sans disparaître tout simplement. Ce trait de ma personnalité, je l’ai depuis toujours, du moins aussi loin que je m’en souvienne. L’homme qui m’a pris sous son aile m’a enseigné cela. Il a troqué mon côté aventureux pour un esprit calme, posé et calculateur, manipulateur. Je ne souhaite pas faire ça à mon clan. Je me contente de leur apprendre à se battre, je les ai sauvé, je leur offre une possibilité d’une vie meilleure. Vu de l’extérieur, on dirait presque que je veux monter une petite armée pour prendre d’assaut mes ennemis, leur montrer que je suis loin d’être mort. Mes « enfants » ne doivent pas croire ça, s’ils commencent à avoir un doute, comment je pourrais le leur enlever ? Moi-même je me pose parfois des questions là-dessus, ce qui prouve presque que je reste un connard qui saurait utiliser des enfants pour ses desseins.

Ma tête me fait mal.
Mon esprit me torture.
Je crois des choses qui sont loin d’être le cas.
Je m’imagine des choses qui sont fausses.
Je ne distingue que très peu la différence entre de bonnes et de mauvaises intentions.
J’ai peur de redevenir celui que j’étais avant.

Les autres me voient comme un homme fort, un homme puissant, un homme qui n’a pas besoin d’être autre chose qu’un humain pour prouver qu’il pèse dans la société, auprès de ses pairs. Je ne peux les contredire, ils me voient comme ça, alors c’est sûrement vrai. Je ne me laisserais jamais faire, je ne me montrerais jamais faibles devant les miens. Mes pensées, mes souvenirs, mes craintes, tout cela je le garde pour moi, je ne veux pas les inquiéter pour ça. J’ai souvent cette sale impression que mon crâne va exploser. Cela est dû à ces débris que j’ai reçu dans la tête ? Je l’ignore. J’ignore même encore comment j’ai survécu jusque-là. J’ai beau penser que j’ai changé, je reste quelqu’un de rebelle, qui ne respecte pas les règles qu’on lui impose, qui brise les codes et fait des pauvres des gens un peu plus riches. C’est quelque chose que j’ai gardé en moi, que je garderais certainement jusqu’à ma mort et que j’emporterais dans ma tombe. Je ne veux pas parler de tout ça à mes enfants, beaucoup sont encore bien trop jeunes, et je ne veux pas qu’ils commencent à s’inquiéter. Cela dit, je ne suis pas bien du genre à parler en règle générale. J’ai beau avoir cet aspect de « père », qui peut rigoler avec ses enfants, qui s’occupent et prend soin d’eux, je ne parle pas tant que ça, je me contente d’observer, réfléchir, prendre des décisions et appliquer ces dernières. Je ne passe pas par quatre chemins, jamais, ça ne sert à rien.

Un nouveau soupir.

Quand je me regarde dans le miroir, je vois simplement un homme torturé qui se pose bien trop de questions, qui a fait des choses inimaginables, qui a subi des tortures qui l’aura défiguré jusqu’à la fin de ses jours, mais qui pourtant possède un coeur malgré ce que l’on pourrait croire, et qui maintenant possède un clan d’enfants, de jeunes venant de tous les horizons.

Quand je me regarde dans le miroir, j’ai honte de l’homme que j’ai été, mais je suis fier de l’homme que je suis devenu.

Quand je me regarde dans le miroir, je vois un simple reflet, le reflet de ce que je suis actuellement. Ni celui que j'étais hier, ni celui que je serai demain.

Je suis Paine Sonata.

Baguette de Waltz

Je n’ai pas besoin d’être une créature extraordinaire ou même doté de pouvoirs étranges pour provoquer sang et souffrance sur mon passage. Je n’en ai jamais eu besoin. Je ne suis qu’un simple humain qui tente de se racheter sans aucune magie. Néanmoins, je possède Waltz. Waltz n’est pas un animal de compagnie, ce n’est pas non plus un être vivant en règle générale, c’est une simple baguette que j’ai dérobé il y a de ça il y a presque vingt ans déjà. Hum, dis comme ça, ce n’est pas très impressionnant, n’est-ce pas ? C’est même ridicule, je le conçois.

Cette baguette, mon ami, appartenait à un animiste et bien qu’elle soit effilée, voire inoffensive lorsqu’on la regarde, je n’ai qu’à siffler, cette baguette te transpercera la gorge si rapidement que tu ne sauras même pas que tu es mort. Eh oui très cher, je me protège en étant humain, donc tu peux être absolument ce que tu veux, je peux te tuer d’un simple sifflement, sans que tu ne le vois, sans que tu ne puisses rien faire. Alors ça ne vaut vraiment pas le coup de venir tenter de me prendre quoique ce soit, fortune comme famille.

Étant donné que cette baguette est contrôlée par le sifflement, si on me bâillonne, je ne pourrais tout bonnement pas l'utiliser, soit logique cinq minutes mon grand.

Prélude : Angels War

Ce monde est régit par de très puissantes entités, c’est plutôt évident. Il paraît qu’il y a très longtemps, une violente guerre fit rage entre les dieux et les anges. Selon les contes oraux, ceux qu’on se transmet de génération en génération, cela date d’il y a plus de 1000 ans. Je me demande encore comment les peuples vivaient il y a tout ce temps. Quels peuples il y avait, étaient-ils plus ou moins évolués que nous ? Combien de peuples il y avait ? J’aurais été curieux de découvrir tout ça si j’avais eu cette chance… Ou au contraire, c’était peut-être encore pire qu’aujourd’hui, qui sait ? Aujourd’hui, qui est assez vieux pour témoigner de ces évènements ? On ne peut compter sur les humains qui ne vivent pas plus d’une centaine d’années avec beaucoup de chance. Alors il faut sans doute parler de toutes ces autres créatures qui peuplent ce monde, qui sont plus intéressantes les unes que les autres et qu’on ne pourra jamais vraiment toutes connaître au final.

Les humains sont clairement désavantagés dans ce monde où les créatures fantastiques se côtoient quasiment tout le temps. Ils n’ont pas d’ailes, pas de plumes, pas d’écailles, pas de branchies non plus. Ils ne volent pas naturellement, ils peuvent nager mais ça leur arrive de couler et ils ne respirent pas sous l’eau. Pour rivaliser, les humains doivent soit se cacher pour espérer pouvoir vivre sans qu’on ne vienne leur chercher des crosses, ou alors ils doivent se munir d’objets qui pourraient les aider. C’est fatiguant de toujours devoir être sur la défensive ? Après tout c’est le dur destin de ceux qui sont malheureusement trop « normaux », et qui paraissent relativement inoffensifs. Néanmoins je suis plutôt curieux, et j’aurais voulu savoir ce qui existait avant, ce qui avait avant cette fameuse guerre d’il y a 1000 ans. L’écosystème était le même ? Les humains aussi ?

J’aurais aimé pouvoir voyager dans le temps pour savoir ce qu’il s’est passé exactement. J’aurais aimé pouvoir voyager dans l’espace pour découvrir le monde et tous ses mystères.

J’aurais aimé avoir le pouvoir de voyager dans le temps pour revenir au début, avant que je ne fasse toutes les erreurs que j’ai pu faire du début jusqu’à la fin.

Malheureusement, ce qui est fait est fait, impossible de revenir en arrière pour réparer les erreurs. Il paraît qu’on peut sortir grandit de ce genre d’expérience. Pour ma part, je ne me sens pas grand de tout ce que j’ai fait. Je me sens petit. Très petit. Je me sens mal à chaque fois que j’y pense. Je porte le poids de tous les morts que j’ai pu faire, tout le mal que j’ai fait, toutes ces personnes qui sont malheureuses, qui ont probablement perdu beaucoup par ma faute. Je suis fatigué d’y penser constamment, et me regarder dans le miroir me rappelle toutes les horreurs que j’ai fait, bien que des années soient passées, que maintenant on me croit mort. Rien ne pourra effacer ce que j’ai fait. Mon nom, mon surnom sera toujours traîné dans le sang et quoique je fasse, ça ne changera absolument rien. Je n’ai pas bonne conscience, même si j’aime ce que je fais aujourd’hui. C’est une manière de me racheter.

Assieds-toi et écoute cette histoire. C’est l’histoire d’un simple homme qui a causé terreur, mort, destruction, chaos sur son passage, sans aucun pouvoir, en étant simplement humain. C’est l’histoire d’un simple humain qui tente de se repentir, se racheter pour tout ce qu’il a fait en se faisant passer pour mort et en recueillant, et élevant des orphelins de tous les horizons, de toutes les espèces, sans aucune distinction. Ecoute bien gamin, car ceci est mon histoire.

L’histoire de Paine Sonata, la Goule de Nouzar.

Oublie qui tu étais

Je suis né il y a cinquante-trois ans maintenant. En tant qu’humain, je me dis que d’ici dix, vingt, voire trente ans si j’ai de la chance, je serai au fond d’un trou recouvert par la terre. Je serai lentement oublié, la vie poursuivra son cours.

Mon clan n’avait aucune attache, il était libre comme l’air, et j’étais ce genre de gamin téméraire et insouciant. Tout ce que je voulais, c’était de découvrir le monde et voir à quel point il est immense. Leur principale source de revenue – à mon clan – était la vente de tissus précieux. Mine de rien, cela rapportait assez gros en terme d’argent, car on savait trouver ces tissus, on savait même les tisser et fabriquer des vêtements avec. Les femmes et les fillettes s’occupaient de ça principalement, tandis que les hommes et les jeunes garçons eux, allaient trouver ces tissus. Ma sœur Ashana ne voulait pas rester assise à tisser, elle voulait découvrir le monde avec notre frère aîné et moi-même.

Nous formions un trio inséparable. Caliban l’aîné, moi-même, et Ashana, notre cadette. Nous mettions un point d’honneur à protéger Asha avec Cal. Si elle se retrouvait blessée, alors nous nous en voulions et on lui demandait pardon. Lorsque cela arrivait, eh bien elle nous demandait de la hisser sur nos épaules pour qu’elle puisse faire du « cheval ». Nous riions beaucoup à l’époque. Une époque qui me manque énormément maintenant.

Nous nous sommes établis non loin d’une ville ce jour-là. Quelques adultes sont partis à la ville pour vendre les tissus et les vêtements que nous avions confectionnés. Cal est parti avec eux, nous laissant Asha et moi au campement avec quelques femmes et quelques hommes. Nous étions tout de même un clan assez conséquent, mais pas énorme pour autant. Alors j’ai décidé de partir à l’aventure. Asha boudait parce qu’elle voulait venir avec moi mais qu’elle ne pouvait pas à cause d’une entorse à la cheville, à force de gambader partout comme le garçon manqué qu’elle était.

« Je veux venir avec toi ! », m’a-t-elle dit en se levant.

Sa grimace m’a fait rire, avant qu’elle ne me tire la langue d’un air boudeur. J’ai ébouriffé ses cheveux courts en bataille.

« Je te ramènerais une superbe pierre. J’ai entendu les vieux dire qu’il y en avait de très belle dans le coin. », je lui ai répondu ceci.

« Promis ? »

« C’est une promesse, oui. »

Je n’ai jamais tenu cette promesse.

Je me suis éloigné du campement avec la promesse de revenir vite, autant à ma petite sœur qu’aux adultes qui ne veulent pas que les jeunes ne s’éloignent trop. J’avais entendu parler d’une histoire de brigands mais moi, ça ne me faisait pas peur. J’étais un aventurier dans l’âme, moi je voulais juste explorer, voir le monde, voir ce qu’il se cache tout autour de nos différents campements. Là où on était, je suis allé jusqu’à la rivière. Je l’ai remontée tranquillement en cherchant ces fameuses pierres, de belles pierres rouges.

Penché dans l’eau froide de la rivière, ayant retiré mes bottes et remonté le bas de mon pantalon pour ne pas qu’il prenne la flotte, je ne me préoccupais que de mes cailloux et rien d’autre autour. Je me suis redressé quand j’ai entendu du bruit dans les fourrées à ma gauche, plissant les yeux pour essayer de voir ce qu’il y avait. Un animal ? Certainement. Puis du noir autour de moi, quelqu’un venait de placer un sac en toile sur ma tête, surgissant dans mon dos. Je me suis senti soulevé, puis emmené alors que j’entendais différentes voix qui ricanaient, qui semblaient se moquer, parler de nouvelles prises ce jour-ci… Je ne comprenais pas. Etait-ce eux les brigands? J’ai grimacé lorsque mon corps percuta le sol brusquement, mais je n’ai pas tardé à enlever le sac de toile en me redressant, mes yeux brillants de colère. Une colère sourde de m’être fait embarquer aussi facilement.

Tout autour de moi, il y avait des hommes armés, menaçants. Ils avaient des sourires narquois, amusés, sadiques. Il y avait de tout. Pourtant je les ai tous défiés du regard un à un, plantant mes yeux bleus dans ceux gris, verts, marrons de ces hommes sans foi ni loi. Alors j’ai pris une des pierres que j’avais ramassé et qui traînait dans ma poche, avant de la lancer aussi fort que j’ai pu dans la tête d’un des types qui lâcha un juron. Il ne tarda pas à venir m’empoigner par le col en me soulevant de terre, le poing levé.

« Assez ! », la voix qui retentit est grave, rauque, elle impose le respect.

« Mais chef… C’est ce sale merdeux qui... », commença l’homme qui me tenait.

« Tu vas me faire croire que ce gamin inoffensif t’a fait du mal ? Pauvre garçon. Je vais finir par croire que ce garçon est plus dangereux que toi. », il ricana.

Le type me lâcha et celui qui semble être le chef s’approcha de moi avec un sourire amusé. J’ai jeté un coup d’oeil furtif aux alentours. Je n’étais pas le seul gamin à avoir été enlevé, et les autres étaient enchaînés et surveillés pour ne pas qu’ils s’échappent pendant que le chef avait le dos tourné. Il s’accroupit devant moi en attrapant ma mâchoire avec force.

« Comment tu t’appelles ? »

« Paine. »

« Tu me plais, Paine. Tu ne te laisses pas démonter. C’est ce que j’aime. Les gosses qui n’ont pas froid aux yeux. T’es pas du genre à te laisser bouffer. C’est toi qui bouffe les autres. »

Il me lâcha.

Ce que j’éprouvais pour cet homme n’était pas de la peur, mais de l’admiration. Il tenait ses hommes d’une poigne de fer. Il était loin de se laisser marcher sur les pieds, et au lieu de me vendre comme il l’avait prévu en me repérant, il me pris sous son aile. Une chance que j’ai saisi. Je ne suis pas revenu dans mon clan, mais je préfère vivre plutôt que de finir comme esclave et mourir.

Vivre ou mourir.

Le choix est très vite fait.

Une vie de voleur

La vie avec ces brigands étaient bien différentes de la vie avec le clan. Le chef m’ayant pris sous son aile, il m’a appris toutes les ficelles du métier. Du début jusqu’à la fin. Il n’a pas été tendre avec moi, mais je doute qu’il aie été déçu par quelque chose. J’ai toujours obéit à ses ordres, toujours fait ce qu’il me disait sans broncher, j’étais en gros le fils qu’il n’a jamais eu. Fort heureusement, il n’a jamais éprouvé le besoin de me remplacer au bout d’un moment. Je faisais sa fierté. Moi j’étais fier de le rendre fier.

« Dis donc Paine, viens boire avec nous ! »

J’y allais. Je vivais à ce rythme de vie. Les raids le jour, la boisson la nuit. Ils m’appréciaient tous. Ils étaient sceptique au début mais cette retenue s’est vite dispersée quand ils ont vu de quoi j’était capable et qu’il ne fallait pas me sous-estimer. J’étais, et je le suis resté pendant longtemps, toujours aventurier, et je partais parfois seul en exploration la nuit pour découvrir les alentours. Cette curiosité – maladive si j’ose dire – m’est restée fidèle un sacré bout de temps.

Une fois, je me souviens que le chef m’avait surpris à partir et m’avait suivi. Il était habitué à mes escapades nocturnes, mais il voulait voir où j’allais. Je me rappelle lui avoir jeté une grosse pierre dessus, à cause de cet entraînement que j’ai suivi pendant cinq ans. Il l’évita, sourit en s’approchant.

« Ca y est, l’entraînement porte ses fruits. Où tu vas comme ça, Paine ? »

« Vous savez bien, je vais observer les alentours, comme d’habitude. »

« Oui mais tu n’as pas un endroit où tu vas en particulier à chaque fois ? »

« On change d’endroit tout le temps, difficile d’aller à un endroit particulier et d’y rester parce qu’on l’apprécie. »

Il m’ébouriffa les cheveux en souriant avant de me laisser seul, respectant ce besoin que j’avais de faire ça en solitaire.  Le chef me faisait confiance. Il n’avait aucune crainte quant à une possible fuite de ma part. Il n’a jamais été obligé de me ramener par la peau des fesses.

Moi je l’appelais tout simplement « Boss », et il aimait ça. Ca flattait son ego, et je gagnais des points avec lui. Il m’expliquait beaucoup de choses. Il m’a appris tout ce que je sais ou presque, bien que ce ne soit pas cette vie dont je rêvais à la base. Certes nous étions sans cesse en mouvement, un peu comme mon ancien clan, mais là c’était bien plus violent, bien plus féroce. Nous ne vendions pas, nous volions.

C’est à partir de mes dix-huit ans que j’ai commencé à vraiment me faire connaître. Avant je participais simplement à des raids contre des caravanes, des villages. Je n’ai jamais failli à ma mission. J’étais vraiment intégré à ce groupe, et j’en étais vraiment content. Vraiment heureux. Alors le boss m’a fait un cadeau. Au lieu de suivre des directives, c’est moi qui donnait les ordres maintenant. Qu’est-ce que vous pensiez ? J’ai accepté bien évidemment et je me suis conduit en chef.

Nouzar, la terre où nous étions… Une terre aride… Tous les villages commençaient à craindre mon nom. Ils entendaient de moi que j’étais un jeune homme sanguinaire. Un jeune homme qui réduisait tout en cendre. Un jeune homme qui ne laissait aucune richesse derrière lui. J’ai acquit une sacrée réputation, c’est certain. Très mauvaise cela dit, mais à l’époque je n’en avais rien à faire. Les hommes étaient tous très contents. Je ne pouvais les décevoir sinon c’est moi qui serai passé de l’autre côté.

Cependant, il y a un souvenir qui me hante particulièrement depuis cette époque. Un souvenir qui me ferait monter les larmes aux yeux.

Durant les différents raids sur les caravanes de nomades, ils ont fini par capturer les membres de mon ancien clan. Cela faisait cinq ans que je ne les avais pas vu. Leurs yeux, je m’en souviens, ont brillé de larmes.

« Paine ! », avait lancé Asha en tentant de s’approcher lorsqu’elle me vit.

Le Boss s’était avancé vers moi pour poser sa main sur mon épaule avec un léger sourire. J’ai regardé mon frère et ma sœur dans le plus grand des silences. Puis j’ai entendu une petite phrase. Deux mots.

« Tue-les. »

« Qu’est-ce que tu fais Paine ? Pourquoi tu les as suivi ! On aurait pu t’aider ! », m’envoya Cal.

Je les ai regardé en silence.

« Réfléchis Paine… Tu le regretteras un jour… Ne fais pas ça... »

Ni la voix suppliante et déchirante d’Asha, ni l’air implorant de Cal ne m’a arrêté, et je les ai tué tous les deux sous les ricanements et les explosions de joie des brigands. La plupart pensait que je n’étais qu’un dégonflé qui ne le ferait pas. J’ai levé les yeux vers le Boss, qui m’a sourit avant que je ne m’éloigne pour ne plus voir les yeux vides de ma famille. Je l’ai fait sans broncher. Je n’ai pas réfléchi. J’ai ignoré la petite voix au fond de moi, et je me rappelle avoir pleuré ce soir-là. Je n’ai pas hésité une seule seconde, je l’ai fait, mais pourquoi j’ai fait ça ? Je me le demande encore aujourd’hui. Juste pour plaire à une bande d’hommes qui se sont prétendus ma famille pendant cinq ans alors que Cal et Asha sont dans ma vie depuis le début ? Parce qu’indirectement, j’avais peur de mourir en même temps que mon frère et ma sœur si jamais je ne le faisais pas ? Je n’en ai aucune idée. Peut-être y avait-il un peu de ça. Peut-être pas.

Et aujourd’hui, j’ai ce sentiment de regret qui ne m’a jamais quitté depuis que j’ai fait ça.

Aujourd’hui, je regrette ce que j’ai fait.

Naissance et déchéance d'un chef

Nous entamons une partie vraiment sombre de ma vie à présent. Une partie qui me hante tout autant que la mort de mon frère et ma sœur. Peut-être plus.

Le Boss est mort lorsque j’avais vingt-trois ans. Maladie, vieillesse, il y avait un peu de ça. Cela faisait donc dix ans que j’étais avec lui maintenant. Que j’ai appris tout ce qu’il savait. J’ai appris à diriger. J’ai appris à donner des ordres. J’ai appris à tuer mes sentiments pour ne pas me laisser influencer.

Une décision fut prise ce jour-là, le jour où il nous a quitté. Cette décision est parue évidente pour tout le monde, alors j’ai respecté le souhait de tous. Je suis devenu le chef. Personne n’a contesté cette décision, bien au contraire. Quelque part, cela me fit plaisir qu’ils me fassent confiance mais être chef impliquait de grandes responsabilités. Ils ont pensé que j’étais à la hauteur, certainement.

Le clan s’appelle donc Sonata.
A partir de ce moment, je m’appelle Paine Sonata.

J’étais le chef qu’ils voulaient, j’étais le digne successeur du Boss et tous mes compagnons m’ont suivi. Pendant trois ans nous avons continué à prospérer dans ce que nous faisions de mieux. Les raids sanglants, les vols, ils ont vu en moi ce manque d’humanité qui les faisait doucement sourire, mais qui leur faisait peur par moment. Je ne reculais devant rien.

Pas même lorsque j’ai tué ce mage. Il faut savoir que je ne suis qu’un simple humain qui s’est construit à force de persévérance, à la seule force de mes mains, de mes bras et surtout de mon esprit. Ce fut une fierté lorsque j’ai tué ce mage, et surtout lorsque j’ai récupéré sa baguette. Waltz, tel est le nom de la baguette. Grâce à elle, je me fis un peu plus respecter. Il me suffisait de siffler de différentes sortes pour que la baguette m’obéisse, et cause de violents ravages. Elle allait trop vite pour mes adversaires, elle transperçait leur jugulaire et ils tombaient raide mort avant même qu’ils ne comprennent ce qu’il s’était passé. Cette baguette était un atout considérable pour nous et à aucun moment je ne regrette de l’avoir obtenu. Je devais avoir vingt-six ans quand je me la suis procurée.

En parallèle, le clan Sonata lançait des raids de plus en plus souvent, des attaques qui firent parler de lui, et qui finirent par atteindre la royauté. Nous étions de moins en moins discret, le nom de « Sonata » était sur toutes les lèvres. Les villages redoutaient notre venue, les caravanes de nomades faisaient tout pour ne pas croiser notre chemin, nous avions installé un climat de peur dans le pays, et j’en étais extrêmement fier. J’étais fier d’être craint et redouté, d’avoir propulsé mon clan jusque-là. Car oui, désormais c’était mon clan. Je le protègerai quoiqu’il arrive, quoiqu’il advienne.

Malheureusement, comme je l’ai dit plus tôt, nos coups d’éclats ont attiré sur nous l’attention de la reine de Nouzar.

Je devais avoir trente-trois ans, soit dix ans après avoir été désigné comme chef naturel après le Boss. Nous avions attaqué une nouvelle fois un village mais sûrs de notre victoire, nous n’avions pas remarqué cette ambiance étrange qui émanait de ce village.

« Paine, c’est bizarre, y a personne. », m’avait dit l’un de mes camarades.

Ayant raison, au lieu de voler comme à notre habitude, nous avons mené notre petite enquête. Voilà où ma curiosité m’a été fatale. Au lieu de partir, j’ai décidé de rester avec quelques uns de mes hommes, sûrement une dizaine, et c’est là que l’armée de la reine nous est tombée dessus. Plusieurs gardes se sont jetés sur moi. Ils savaient que j’étais leur chef et que j’étais l’homme à neutraliser en premier. Ils devaient savoir aussi pour Waltz, parce qu’au lieu de me prendre la baguette, ils m’ont fait taire rapidement.

L’enfer débuta à ce moment-là.

Nous avons été emmenés jusqu’aux prisons du palais de la reine. Des brigands comme nous ne méritaient que la mort, mais pour le chef que j’étais, la mort était une délivrance bien trop douce par rapport à tout le mal que j’ai fait.

Alors les soldats se sont mis rapidement d’accord sur mon sort.

Et ils ont commencé à imaginer des tortures pour me faire le plus de mal possible. Ils se sont amusés à voir quelles parties de mon corps étaient les plus sensibles. Ils m’ont enlevé la dignité que j’avais. Cette fierté que j’avais.

C’était interminable.

Des marques au fer rouge sur le corps. Des balafres profondes sur les bras, les jambes, le ventre, le torse. Des traces de coups de fouets dans le dos. Ils m’ont affamé. Assoiffé.

Ils m’ont laissé des jours et des nuits entiers dans le noir, dans une cellule humide avec des rats. Ils m’ont poussé à être plus bas que terre. Mes pieds ont été dévoré par les rats, ça a fini par s’infecter. Pourtant ils me soignaient – des soins très relatifs – pour ne pas que ça s’infecte et que je ne meurs. Ils voulaient absolument me garder en vie.

Plus ça allait, plus ils étaient inventifs, plus je souffrais

J’ai hurlé à m’en détruire les cordes vocales. Je délirais. La fièvre, la douleur, l’endroit, mes tortionnaires, ils allaient tous me rendre fou.

Ils m’ont forcé à voir mes camarades se faire tuer un par un. A des fréquences peu régulières. Il pouvait se passer des mois avant qu’il n’y ai une nouvelle exécution.

Pourquoi ? Qu’est-ce qu’on a fait de mal ? On puni les gens comme nous alors que les trois-quart des habitants de cette planète sont plus pourris les uns que les autres ? Il y en a qui font pires. Enfin c’est ce que je me disais. Mes tortionnaires m’appelaient « Goule de Nouzar », tout le temps. Ils m’obligeaient à garder les yeux ouverts. Ils m’empêchaient de dormir. Ca me rendait dingue. Mes idées étaient embrouillées, la douleur quant à elle était toujours bien là. Pas un jour ne passait sans que mon corps ne fut recouvert par mon sang.

Lorsqu’ils s’apercevaient que j’en perdais beaucoup trop, ils arrêtaient les tortures physiques pour s’attaquer au mental. Je me revois attaché sur une table en bois horizontale. Une goutte tombant sur mon front régulièrement, de plus en plus vite, me provoquant un mal de crâne infernal. J’avais l’impression que ça me creusait la tête. Je les suppliais d’arrêter. Je n’avais plus rien à ce moment-là. Je leur faisais penser que j’avais abandonné. Que j’avais juste envie de mourir. Mais eux ne voyaient pas ça de cet oeil-là.

Vint la dernière exécution des hommes capturés avec moi. Il me souriait, confiant, malgré l’inquiétude qui lui barrait le visage. Un de mes tortionnaires s’est approché de moi en m’attrapant le visage, et plantant ses doigts dans mon œil droit, pour me l’arracher en ricanant, sous mes hurlements et sous les cris de protestation de mon camarade. Il m’obligea à regarder de mon œil encore intact, le sang ruisselant sur mon visage, pour voir mon camarade se faire décapiter. Je n’ai rien dit. Ma voix n’arrivait plus à suivre, elle non plus.

Cela a duré une éternité. A mes yeux, c’était bien plus long qu’un an et demi.

Les regrets d'une vie

L’épisode de la torture est quelque chose qui est profondément resté encré en moi. Une marque indélébile, qui ne disparaîtra donc – tout logiquement – jamais.

Un an et demi. C’est énorme. Ca vous paraît être toute une vie lorsque vous êtes torturé quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. La garde royale décida finalement qu’il était temps pour moi de quitter ce monde. Ils avaient programmé mon exécution.

C’était par une froide matinée de Novembre. Autant en journée il peut faire chaud, autant la nuit et le matin à Nouzar est assez froid. On m’a conduit sur l’estrade qui a été installée sur la place principale pour l’occasion. Les gardes me traînaient plus qu’autre chose. J’étais méconnaissable. A l’article de la mort.

« Paine Sonata, tu es condamné à mort pour avoir conduit des raids sur des villages, des caravanes, pour avoir volé durant des années, pour avoir commit d’innombrables meurtres, pour avoir défié la royauté. Tu seras donc pendu haut et court, jusqu’à ce que mort s’en suive. »

J’ai ricané en levant mon œil encore intact vers le maigrichon qui m’a sorti toutes ces conneries. Je n’ai rien dit pour autant. A quoi ça servirait ? Je me sentais… Bien plus serein. Peut-être était-ce le froid mordant qui me détendait, je n’avais plus vu l’extérieur depuis des lustres. Depuis que l’on m’avait capturé je pense. Mon bourreau me passa la corde au cou, je n’ai pas pris la peine de le regarder.

Tout ne s’est pas passé comme les gardes auraient voulu. Au moment où le bourreau allait pousser le levier, il y eu une grande fumée blanche et tous les spectateurs se mirent à crier de surprise et à s’agiter dans tous les sens. J’eus un vague sourire. Alors comme ça, après cette année et demi à être absent, il y en avait qui attendait malgré tout mon retour ? Je ne pouvais pas les décevoir. Alors j’ai sifflé pour les aider.

Waltz était dans la poche d’un de mes tortionnaires. Je le savais parce qu’il ne cessait de me l’agiter sous le nez quand j’avais la bouche trop sèche pour siffler, ou bien quand il voulait me faire taire. Elle transperça le bourreau et le maigrichon qui avait parlé avant de retourner dans ma poche. L’un de mes hommes coupa d’un coup sec la corde et m’aida à marcher en retirant la corde et en défaisant mes liens. Libre. J’étais libre.

Nous sommes rapidement parti sans demander notre reste.

Nous avions gagné, mais ce n’était pas suffisant. Il fallait que je disparaisse, sinon ils passeraient leur vie à me poursuivre et donc, par extension, j’aurais passé la mienne à les fuir.

La première nuit après mon évasion, les quelques hommes qui m’étaient restés fidèles et moi avions fait la fête. Un évènement comme ça, eh bien c’était juste le coup d’éclat ultime. Ou quasi-ultime car j’ai fait encore mieux quelques jours plus tard. Bien évidemment, la nouvelle comme quoi la Goule de Nouzar s’était échappée n’était pas restée inaperçue très longtemps. Donc la reine lança de nouveau ses chiens à mes trousses. Entendez par là ses hommes. Les jours précédents, nous avions mis en place un plan pour me faire disparaître.

Nous avions tout prévu, de A à Z, en peu de temps. C’est le dernier acte, celui qu’il ne fallait pas louper. Le dernier acte avant ma disparition définitive. Nous avions mit cap sur un village en faisant tout pour attirer les gardes au même endroit. Tout s’est passé très vite. J’étais bien en évidence pour qu’ils me voient. Ils n’ont pas hésité très longtemps avant de se précipiter vers moi.

« Sonata ! Reste où tu es ! »

Je me suis retourné vers eux, j’ai souri, avant de leur jeter dessus une bombe artisanale. Ils ont vu mon mouvement et certains se sont reculés tandis que d’autres se sont pris la déflagration de plein fouet. Je suis de ceux qui se sont tout pris dans la figure.

Mes compagnons m’ont rapidement sorti de là, mais j’étais définitivement défiguré, tout comme définitivement mort. Ils ont tous vu la même chose, et ils n’ont pas retrouvé mon corps. Certains disent que la déflagration était tellement violente que je me suis fait entièrement brûlé. Ils pensent ce qu’ils veulent, j’ai eu ce que je voulais. A savoir être mort aux yeux du royaume.

Ma période de convalescence fut terrible aussi. Autant à cause des douleurs que j’éprouvais encore et qui s’étaient réveillées à cause de l’explosion, toutes les blessures mal guéries, mais aussi le fait de me remettre profondément en question. Ca a duré des mois. Des mois entiers avant que je ne recouvre mes forces. Peut-être même un an, je ne sais pas. Pendant ces quelques mois, je n’étais vraiment pas bien. J’ai tout regretté. Du début à la fin. Mais c’est bien trop tard pour regretter, et je ne pourrais jamais retourner en arrière. Eprouver des remords, il n’y a rien de pire. Se remettre en question, se poser toutes sortes de questions tout en connaissant les réponses… Je ne souhaite à personne tout ce que j’ai pu faire.

Je regrette tout, et je me dis parfois que j’aurais mieux fait de me faire exécuter à treize ans, au lieu d’avoir fait tout ce que j’ai fait.

Maintenant que je suis au plus bas, je ne peux que remonter.

C’est ce qui m’a aidé à tenir indirectement.

Rédemption et pardon

J’ai pris mon temps pour me reposer, reprendre mes forces. Au début, je ne pouvais pas me regarder dans un miroir. J’avais trop honte de ce que j’étais. Honte de toutes ces cicatrices qui me font toujours mal. Elles ont beau être guéries, c’est un mal interne qui ne m’a jamais quitté. Puis je me suis forcé à les regarder petit à petit, et cette douleur qui me serrait la poitrine s’est progressivement envolée.

J’ai cherché pendant une deuxième année ce que je pouvais faire pour me racheter. J’avais besoin de trouver la paix intérieure. Je n’étais pas vieux, trente-six ans c’est loin d’être vieux n’est-ce pas ? Et pourtant j’avais l’impression d’avoir vécu des lustres. Alors j’ai cherché, j’ai arpenté des villages en toute discrétion.

Entre temps, j’ai décidé de dissoudre mon clan.

« Ecoutez tous. », je les ai tous rassemblés un soir, du moins ceux qui étaient restés. « J’ai pris la décision de dissoudre le clan Sonata. »

J’ai levé la main quand les protestations commencèrent à monter.

« Si j’ai pris cette décision, difficile car vous m’avez attendu pendant plus d’un an, c’est pour éviter que ce qui s’est produit se reproduise par la suite. Je ne veux plus voir l’un d’entre vous mourir sous mes yeux. Je ne veux pas apprendre que l’un d’entre vous s’est fait capturer et puisse subir ce que j’ai moi-même subi. Soyez libre à présent mes amis, prenez votre envol, je sais que nous nous reverrons. »

Beaucoup ont respecté ma décision et sont partis pour recommencer une vie ailleurs, et je me suis étonné de voir qu’il y en avait certains qui sont restés avec moi. Je les ai accepté avec grand plaisir, heureux. J’étais déterminé à débuter quelque chose avec eux, pour racheter toutes nos erreurs. Ils ont été d’accord, et nous avons cherché ensemble. Comme une vraie famille.

Et nous avons trouvé.

Peu après, nous avons commencé à recueillir des orphelins, des gamins qui n’avaient rien ou qui ont tout perdu, venant de tous les horizons, pour leur donner une seconde chance, une seconde chance qu’ils n’auraient sans doute jamais eu s’ils étaient restés seuls. Nous nous dispersions souvent dans différents villages pour permettre à ces gamins de retrouver une famille et surtout d’avoir un avenir. Je mettais un point d’honneur là-dessus, et mes compagnons respectaient ça.

C’est en arpentant un village un jour, et en voyant un esclavagiste étalant ses esclaves devant une foule avide lors d’une visite dans un de ces villages, c’est là que j’ai compris. Je suis resté à l’abri des regards, j’observais en silence. Un turban me dissimulait partiellement. Une vague protection pour ne pas qu’on me reconnaisse, même s’il y avait peu de chance. J’ai tellement été défiguré qu’à part faire peur avec toutes ces balafres, peu de risque qu’on me reconnaisse comme étant la Goule de Nouzar. J’ai attendu toute la journée jusqu’au soir, où la foule a commencé à partir pour m’approcher de l’esclavagiste. Personne ne voulait de ce garçon parce qu’il n’avait qu’une aile certainement. L’autre étant arrachée.

J’ai négocié avec ce type. Plus précisément, je l’ai tué avant de libérer le gamin avec une seule aile. Il avait peur. Ce que je comprenais parfaitement. Il est tombé, je l’ai rattrapé. Je n’avais aucune envie de lui faire peur mais mon physique ne joue généralement pas à mon avantage dans ce genre de situation. Pourtant ça ne m’a pas empêché de l’adopter, comme bien d’autres gamins.

Je l’ai appelé Cadence, parce qu’il n’avait pas de nom, et ça a semblé lui plaire.

Cadence était l’un des nombreux gosses qu’on a pu récupérer au fur et à mesure. Nous devenions nombreux, le clan se reformait, mais avec des enfants cette fois. Chaque gamin prenait mon nom. Le nom de mes compagnons. Le nom de notre clan. Le nom de Sonata. J’ai toujours été fier de mon clan, depuis que l’ancien Boss est mort. Là encore plus, parce que c’était pour un but complètement différent.

Nous élevions ces enfants, je m’investissais énormément pour eux, au point que nous sommes partis aux ruines de Rezvayaan dans le désert pour que nous puissions avoir la paix, vivre confortablement. J’ai tout fait pour offrir tout ce qu’il fallait à ces enfants. Mes enfants. Grâce à eux, j’avais retrouvé un but à ma vie et j’en suis toujours extrêmement content, satisfait, fier. C’est une fierté qu’ils portent tous mon nom. Parce que nous sommes une grande famille.

Je sais que ça ne rachètera pas forcément tout ce que j’ai pu faire, et que c’est un moyen pour moi d’oublier alors que… Eh bien tout ce que j’ai fait ne s’effacera pas, mais ça m’a permit un peu d’oublier que j’ai fait beaucoup de mal. Ca m’a permit de voir que je peux aussi faire quelque chose de bien, et offrir une vie meilleure à ces enfants que je vois grandir petit à petit, que j’éduque avec des valeurs que je n’ai jamais eu et que j’ai dû apprendre bien plus tard, c’est quelque chose d’inestimable à mes yeux et ça, je ne changerais pour rien au monde.

Celui qu'on appelle la Goule de Nouzar

Je me suis repenti. Enfin, c’est ce que je pense. C’est ce que j’espère. Tout à fait entre nous, tout ce que j’ai raconté, je l’ai consigné dans un carnet, un journal. Et lorsque je jugerai que mes ‘enfants’ seront prêts, je leur donnerais. Peut-être lorsque je serai sur le point de disparaître. Ils me connaissent sous cette figure paternelle sous laquelle je me suis présenté depuis quelques années à ces jeunes. Ils ne me connaissent pas réellement, celui que j’ai été. L’ordure que j’ai été. Cette personne qui me fait honte désormais.

On dit que la vie construit l’expérience. J’en suis certain à présent. La vie ne m’a pas fait de cadeaux, et je ne veux pas que des évènements pareils recommencent. Une fois suffit amplement. Je suis fatigué de tout ça, fatigué de ce qu’il s’est passé. Cela fait maintenant des années et des années que j’ai pris cette décision de tout arrêter et de disparaître définitivement. Je suis désormais un fantôme. J’entends ce qu’on dit à mon sujet, je sais être discret, mais jamais je ne me remontrerais de plein gré comme j’ai pu le faire durant ma jeunesse. Tout ça est terminé pour moi à présent. Je préfère continuer à vivre cette nouvelle vie qui me sied bien plus depuis des années.

J’occupe principalement mes journées à entraîner mes enfants à l’art du combat et au vol. Il faut savoir que je ne suis qu’un simple humain et que la plupart des enfants sont d’autres races, possédant des pouvoirs et qui peuvent me tuer sur un coup de tête. Ils pourraient, c’est vrai. Pour prendre la tête de ce groupe. C’est quelque chose qui me fait peur, alors je tâche d’élever les plus jeunes avec de véritables valeurs, de véritables objectifs. Je les entraîne pour qu’ils soient des hommes et des femmes bons avec autrui, qu’ils les aident, qu’ils ne puissent pas leur nuire. C’est dans cette optique que j’ai fait tout ça.

Nous formons une grande famille, ils me considèrent comme un père, je tâche d’être cette figure paternelle qu’ils n’ont jamais eu. Je le fais parce qu’ils méritent tous d’avoir un avenir, et il n’y a rien de plus gratifiant que de voir les plus pauvres sourire quand ils ont quelque chose comme de l’argent, des bijoux, quoique ce soit qui pourraient les rendre heureux et fiers de mes enfants. C’est tout ce que je souhaite. Je sais que je peux maintenant partir en paix, malgré toutes les horreurs que j’ai pu commettre et que j’ai vu.

J’ai été un connard fini, j’ai été un meurtrier, un voleur, un pilleur, un enfoiré, on peut me qualifier de tous les noms, je m’en fiche.

L’important est de savoir apprendre de ses erreurs, de ne plus les reproduire par la suite et de faire en sorte qu’elles ne se reproduisent jamais.

Derrière l'écran

Le code, comme ça c'est fait : Validé chou ♥️

Bon alors faut se présenter ? Okay, donc vous pouvez m'appeler Paine, ou Papa Fleur, je fais du rp depuis... 8 ans facile maintenant, et puis j'suis content de retrouver Cadence et Shilin qui m'ont montré le chemin. 8D En quelques mots, je suis féru de livres, jeux vidéos, je fais du cosplay et je dessine également. Je passe ma vie à écouter de la musique, et je suis passé pro dans l'art de la procrastination. Oups

Le miroir montre un reflet, mais pas seulement

Mon physique ? Pourquoi t’importe-t-il à ce point ? Comptes-tu t’en servir pour me retrouver ? Comment feras-tu puisque je suis « officiellement mort » ? Très bien. Alors assieds-toi, ferme-la et écoute.

Tu pourras très vite le constater, j’ai une carrure imposante et c’est ça que tu remarqueras en premier chez moi, du moins en me voyant de loin. Grand, peut-être un mètre quatre-vingt-cinq tout au plus, je domine les plus petits sans pour autant les prendre de haut… Du moins plus maintenant. Je suis âgé, j’ai cinquante trois ans, j’ai bien assez vécu et mon corps me le fait comprendre plus ou moins tous les jours. Oh, mes vieux os ne me font pas si mal que ça, je supporte, et puis cinquante trois ans n’est pas si vieux que ça jeune effronté ! Disons que le poids de la culpabilité m’a fait courber l’échine pendant des années et que maintenant, j’ai toujours l’impression d’avoir mal alors que ça va. Mon poids ? On ne demande pas le poids d’une personne voyons. Pour mon mètre quatre-vingt-cinq tu te doutes bien que je ne pèse pas 20 kilogrammes.

Malgré mon âge… Avancé ? j’ai encore les cheveux châtains, pas de cheveux blancs, ce qui m’étonne par moment avec tout ce que j’ai enduré, tout ce que j’ai pu faire subir. Quand je me regarde dans le miroir, je me demande pourquoi je suis là. Quel est le but de ma vie. Quelle va être la suite de cette vie longue et tortueuse ? Je vois un homme fatigué, marqué par la vie tout simplement. Marqué à vie en quelques sortes. Quand je me regarde dans le miroir, je ne me vois que d’un œil, celui que mes tortionnaires ont bien voulu me laisser. Peut-être pour me laisser voir cet homme ignoble, cruel, insensible et vicieux que j’ai été autrefois dans le miroir ? Pour que je me torture moi-même à chaque fois que je vois mon reflet ? Parfois, c’est ce que je me dis, et parfois, j’aurais préféré que les miroirs n’existent pas.

Mon œil restant est bleu, d’un bleu lumineux, un peu ternit par le poids de ce que j’ai porté pendant de nombreuses années que je n’oublierais jamais, mais… Parfois, quand je me vois dans le miroir, je vois cette petite étincelle de vie qui éclaire cet œil terne et triste parce que je sais que j’ai des enfants que j’aide à avancer dans la vie, et qui font ma fierté. Alors je me dis que je ne suis pas tant un connard que ça… Que je ne le suis plus, tout simplement. L'autre oeil ? L'orbite est vide, et il est dissimulé sous un cache-oeil.

Quand tu me regardes, tu peux voir mon visage marqué de cicatrices en tout genre. Cela peut paraître des blessures de guerre, pourtant je n’en suis absolument pas fier. Des heures de tortures, pendant un temps qui m’a paru une éternité. Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, car mon corps en est recouvert également, et c’est même plutôt triste à voir. Un corps meurtri et fatigué, pour un esprit meurtri et fatigué. Quand on dit un corps saint dans un esprit saint, j’ai bien envie de rire et de tuer le connard qui a dit ça, c’est une profonde connerie. Pour compléter le visage, sache que je suis barbu. Une barbe que j’entretiens et qui achève de faire de moi un homme, un vrai. Tout aussi châtain que mes cheveux mi-longs. Pour ça j’ai de la chance, et je me dis que je ne suis pas si vieux que ça en fin de compte. Une bien belle illusion n’est-ce pas ?

Pour finir concernant mon style vestimentaire… Je suis un gars habillé de la tête aux pieds avec des tonnes de tissus sur mon dos, peut-être parce que j’ai l’impression que ça cache un peu mieux ce corps dont j’ai honte. Des chaussures épaisses, des vêtements épais, tout pour me cacher. La seule chose que je ne peux pas cacher, c’est mon visage. C’est sûrement la seule partie exposée en public, sinon malheureusement, je me cache. Je n’ai pas envie que mes enfants voient ça. Je n’ai pas envie de leur expliquer à quel point j’ai été inhumain, pendant des années, avant de tenter de me repentir. Ils me voient comme une figure paternelle alors je souris, je fais bonne mesure, mais il y a des choses que je cache, et que je continuerais à cacher sous ce sourire qui se veut rassurant.
©️linus pour Epicode
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Sam 24 Juin - 12:16
BIENVENUE CHOUQUETTE /PAN

J'ai hâte de voir ce que tu vas nous faire comme perso, comme toujours 8D



Cadence vous séduit en #cc6600~
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Sam 24 Juin - 13:44
Encore une fois j'ai besoin de lunettes pour lire tes posts Cadence, j'ai lu «choucroûte» au lieu de «chouquette» /PAN

BREFFEUH bienvenue dans notre bateau hein, comme toujours moi aussi j'ai hâte de voir c'que tu vas nous pondre comme pavé personnage owo /PAN



Shilin vous parle en #CC0066 ♥

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Ven 28 Juil - 14:27
Coucou des nouvelles par ici? Nyu



Cadence vous séduit en #cc6600~
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Mar 1 Aoû - 13:26
OUI CA AVANCE CHEF. OUATE DA PHOQUE

En vrai désolé pour le temps que je mets, je fais au mieux pour terminer avant la fin de la semaine. Nyu
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Dim 3 Sep - 11:31
OMG.
C'EST AVEC UNE JOIE NON-DISSIMULÉE QUE J'ANNONCE QUE J'AI FINI MA FICHE.

Champaaaaaagne. \o/

Bonne lecture ! J'espère que ça vous conviendra. >w<
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Lun 4 Sep - 8:02
PAR LES POUVOIRS QUI ME SONT CONFéRés...

▬ Tu es validé!
Bon comme toujours je n'ai rien à redire sur ta fiche, c'est bien écrit, agréable à lire et j'adore ce que tu as fait de Paine *^* Je veux lui faire encore plus de câlins maintenant /PAN Bref je te valide et je te laisse faire tout ce qui est indiqué en-dessous sauf pour l'avatar comme tu as pris un prédéfini 8D

Maintenant que le staff t'as donné sa bénédiction, tu es en mesure de:

- Recenser ton avatar ICI
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N'oublie pas également de voter sur les Top-Sites et de parler du forum autour de toi, plus on sera nombreux, plus vite l'expérience de rp n'en sera que meilleure!

bon jeu à toi!
FICHE PAR DITA | EPICODE



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